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           LEON GARD                         

Biographie et bibliographie (cliquez sur les liens en bleu pour accéder aux articles de Léon Gard)

_______________

1901: naissance à Tulle de Léon Gard.

1910: la famille Gard s'installe dans le XIII° arrondissement de Paris, au 21 rue du Champs de l'alouette.

1913: Léon Gard dessine à 12 ans son autoportrait au fusain.

     

1915: à 14 ans, il écrit au conservateur du Musée des Arts Décoratifs, Louis Metman, qui le place sous la direction d'Eugène Morand.

- fréquente l'Académie Ranson.

1917: exécute des copies de tableaux anciens pour le théâtre du Gymnase.

- portrait de l'acteur Gabriel Signoret.

1918 : portrait de Louis Metman.

    

                 

1920: son "Portrait de Louis Metman", peint en 1918, est accroché en cimaise au Salon de la Nationale et lui vaudra un encouragement spécial de l'Etat. Gard ironisera plus tard : " Mon oeuvre était-elle si mauvaise, ou bien ces messieurs du jury étaient-ils bouleversés par le vin d'un banquet? Qui le saura jamais! En tout cas, s'ils ont commis une erreur ce jour- là, ils se sont bien corrigés depuis."

          Léon Gard vers 1920

1921: présente à la "Nationale" un portrait de Mme Imbart de La Tour.

1922: entre à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (atelier d'Ernest Laurent), qu'il jugera sévèrement : "agitée, tapageuse, débraillée, se donnant des airs de ruer dans les brancards, de chambarder l'autorité, mais en réalité ne détruisant que l'art que, personne, dans cette auguste enceinte, ne songe à défendre, ponctuant toutes ces secousses sismiques pour pucerons par le chant du "Pompier", le seul principe vraiment profond de ce conservatoire de médiocrités.".

- expose à la galerie Reitlinger, rue La Boëtie.

 

1925: noue un contrat avec le marchand de tableaux Chéron.

1926: de février à juillet, séjourne à Toulon où il peint des natures mortes et des paysages (vues de la Rade, du Cap-Brun, du Faron, de Maghaud et de Bourgarel).

1927: expose à la galerie Chéron.

- 10 janvier : visite l’exposition Claude Monet chez Durand-Ruel et note : « Les recherches de luminosité de Claude Monet, avec celles de quelques peintres de son temps, représentent un effort capital, lequel provoque l’ébranlement de ce qu’il peut y avoir de convenu sans raison dans la représentation des couleurs et de la lumière. »

-16 janvier : visite l’exposition Delacroix et note : « Delacroix étudiant la nature fait des chefs-d’œuvre. S’il se confie à son imagination, il ne sort plus de ses ciels trop verts et de ses virtuosités avec le bitume. »

 

     

                              Autoportrait 1927

 

1928: reçoit le Prix Fragonard.

- de mai à août, séjourne à Toulon où il peint des nus et des natures mortes.

1929-1930: séjours à Toulon.

1931-1932: retrospective à la galerie Chéron.

- présente un second "Portrait de Louis Metman" et une grande nature morte à la Nationale.

1934: pour assurer sa subsistance, il accepte, à contrecoeur, un emploi de restaurateur de tableaux dans l'atelier de la rue des Bourdonnais.

 

1935: envoie deux natures mortes à la Nationale.

- portrait du collectionneur Georges Renand, directeur des magasins de "La Samaritaine".

1936: envoie à la Nationale "Verreries et Faïence en harmonie blanche".

1936-1938: peint des vues de la campagne environnant Paris (Etampes, Morigny, Monfort-l'Amaury). "Que j'aime, dit-il, ces villages retirés où règnent les odeurs humbles mais saines de la ferme et de la maison. Les travaux y sont demeurés honnêtes et simples, l'industrie presque primitive. Ils ne connaissent de la science ni l'orgueil matérialiste ni la décadence morale."

1939: expose à la galerie Bernheim, rue du Faubourg Saint-Honoré.

1940: rencontre Sacha Guitry et se lie d'amitié avec lui.

1941: expose à la galerie Jeanne Castel, avenue Matignon.

- portrait de Lucien Daudet (fils d'Alphonse Daudet), du Comte Doria.

          

               Lucien Daudet par Léon Gard

1942: expose dix peintures à la galerie Jeanne Castel. Les plaquettes d'invitations sont accompagnées d'une satire virulente "Les Fourberies de Rapin ou les Audacieux ridicules " où il s'en prend à la mode tyrannique de la peinture dite "audacieuse" et aux critiques d'art. Le ton du futur journal "Apollo" est posé.

 

           

   Portrait de Sacha Guitry en habit rouge par Léon Gard (huile sur toile, 92 X 73 cm, 1942).

Le peintre voyait encore beaucoup de choses à faire dans ce portrait, mais Sacha Guitry qui aimait l'esquisse lui dit subitement : "N'y touchez plus !"

1943: participe à l'exposition de la galerie Charpentier "Figures parisiennes" avec son portrait de Sacha Guitry.

- expose à la galerie Jeanne Castel et donne en préface de son catalogue une satire sur les Salons : "La Grande Illusion " , qu'il définit : "une entreprise de location de murs qui ne peut vraiment prospérer qu'en faisant appel à la foule des nullités."

- participe à une exposition de groupe à la galerie Corot, boulevard Haussmann.

-portrait de la comtesse d'Anselme, de la baronne Hottinguer, de Charpini, de l'actrice Lana Marconi (Mne Guitry

1944 : écrit «cinq articles pour l’hebdomadaire « PANORAMA », dont "  Héritage de Gauguin  », où tout en reconnaissant que « la plupart de ses œuvres son belles » et ses idées « remarquables et contenant toujours une part précieuse de vérité », il reproche à Gauguin ses formules « faciles, grandiloquentes, puérilement révolutionnaires , qui flattent ce penchant des hommes pour les recettes mirifiques, en même temps que leurs instincts de garnements déchaînés qui se saoulent d’indiscipline ».

"Indigestion de vertèbres ", où il ironise sur la légende qui attribue un trop grand nombre de vertèbres à l'odalique d'Ingres.

"Pluralité de l'exactitude en peinture ", où il affirme que l'exactitude dans l'imitation de la nature n'empêche pas l'originalité : "sans cesser d'être exact, chaque artiste peut exprimer un aspect des choses qu'aucun artiste n'a exprimé avant lui".

- expose 10 peintures à la galerie Jeanne Castel, avec en préface de son catalogue : « L’artiste devant la société », où il affirme le droit et le devoir pour l’artiste de s’informer de l’état de la société et où il conclut par « la nécessité de regrouper l’aristocratie réelle du pays dont le rôle naturel est de discerner les talents et de les protéger contre les attaques de la médiocrité quelle qu‘elle soit ».

1945 : son exposition à la galerie Jeanne Castel est accompagnée d'une nouvelle satire sur la Critique d'art.

1946: fonde la revue bimensuelle "Apollo" où il apporte la majorité des articles de fond sous son nom ou sous le pseudonyme d'Elie Bertrand ainsi qu'une chronique signée "Le Veilleur". Il y dénonce la critique d'art monopolisée par des gens dont la compétence en la matière est pour le moins discutable, les salons qui entassent sans discernement, l'esprit de lucre et les abus de la publicité moderne qui dévoient un domaine sacré ; il y affirme sa conception de l'art inséparable de l'imitation de la nature en reprochant à ses adversaires leur absence d'arguments valables.

 

                     

                                       Exemplaire du journal Apollo

 

1947 : écrit "Responsabilité d'Apollinaire ", où il montre le poète Guillaume Apollinaire comme un des principaux inspirateurs du Cubisme et poussé par un désir morbide de destruction,

  "Un grand peintre, un exemple à ne pas suivre : VAN-GOGH". ,

 " Les Avancés avancent dans le vide "

  "Il faut décourager les Beaux-Arts" ,

  "La Nature est infaillible ", où après avoir passé en revue la leçon de fraîcheur, de vibration colorée, de vie des Impressionnistes, puis le début de glissade des Fauves, et, enfin, la chute des Cubistes, il en appelle plus que jamais à la nature pour remettre l'art dans le bon chemin.  

                        

                                         Léon Gard, autoportrait (fusain, 1947)

1948: expose à la galerie Jeanne Castel.

- participe au festival de peinture de la galerie "Susse", boulevard de la Madeleine, aux côtés de Van Dongen, Vlaminck, Utrillo.

- écrit "LA PRESSE, cancer de la civilisation moderne", "L'Ecole des Beaux-Arts ou quand le pompier prend feu", "L'Amour de l'Art, bastion contre le robot ", "L'Exact et le vrai", "Deux grands poètes, Deux mauvais critiques d'art ", où il met en question la perspicacité de Baudelaire et de Théophile Gautier en matière de critique d'art.

1949: expose à la galerie Jeanne Castel.

- écrit : "Les Animaux malades de la peste ", satire où il dénonce les ravages causés par la publicité, qui sont la mort ou l'agonie de tout ce qu'il y a de plus noble dans la société humaine", publicité qu'il compare à "une grande outre pleine d'un pus infect, que l'on déverse sur la pauvre humanité, et qui représente la loi de l'argent."

- écrit : " Du rôle de l'Ecole des Beaux-Arts ", où il exprime que l"Ecole des Beaux-Arts n'a lieu d'être que dans la mesure où elle transmet des principes éprouvés : or, il ne paraît pas qu'elle transmette rien de pareil, ni que, de plus, ses dirigeants soient à même de définir ce qu'ils enseignent".

1950 : participe au Festival International de Peinture de Bruxelles avec "Femme accoudée".

A cette époque, un certain nombre de ses tableaux, des natures mortes notamment, manifestent chez Léon Gard un souci de concilier deux de ses penchants en art pourtant difficilement conciliables : l'amour du contour précis, du poids des choses, du détail, et l'amour de l'atmosphère, des vibrations colorées. Habituellement, il incline tantôt vers l'un, tantôt vers l'autre, en des tableaux différents et où, parfois, les deux tendances luttent, l'une cédant à l'autre à tour de rôle ; il tente alors de poser un des plus gands problèmes de la peinture : fondre ces deux tendances en une seule dans une même oeuvre .

       

        Nature morte au Chaudrons de cuivre et aux oranges (65 X 54 cm, 1950)

- écrit : "Il faut supprimer l'Education Artistique ", où il affirme que "l'initiation aux beaux-arts, à laquelle on affecte aujourd'hui de donner tant d'importance par une armée d'initiateurs de toutes sortes, est un non-sens et une duperie.", et prône une "désintoxication" du public.

1951 : écrit" La Fable de l'époque bleue " : "Le "maître" de l'époque "bleue", de l'époque "rose", de l'époque "ingresque", etc., égalant Ingres et Raphaël, est une légende enfantée par la publicité..." ; "Don Quichotte et l'Art moderne", où la mode de l'art non-figuratif  est présentée comme un exemple de donquichottisme, c'est-à-dire une forme d'aberration de l'esprit humain.

1952 : écrit "Meissonier et Picasso ", où la grande célébrité du XIX° est mise en parallèle avec la grande célébrité du XX°, et considérées toutes deux comme des erreurs opposéees et aussi éloignées de la vérité l'une que l'autre,

 "L'Impressionnisme existe-t-il ?", où il soutient, niant ainsi la notion de progès en art, que " les peintres impertinemment baptisés impressionnistes n'ont rien inventé ni révolutionné : ils n'ont fait qu'incliner davantage vers la partie luministe et atmosphérienne de l'éternel problème de la peinture".

1953 : écrit "Aider les artistes ", où il énonce toutes ses raisons d'être contre une aide spéciale de l'état accordée aux artistes.

- tente de créer une nouvelle revue mensuelle, "L'Anonyme de l'Art", revue anonyme, sans publicité, non illustrée, qu'il rédige seul, et dont la parution semble avoir été entravée. Les articles des deux numéros parus reprennent les thèmes phares de l'"Apollo" : "Faux prestige de la déformation artistique", "L'Imitation de la nature est sélective",  "Inutilité de l'initiation aux Beaux-Arts", "Sur la Publicité", "La Presse et la Vérité ".

1954 : écrit "Nécessité des Règles " dans l'"Apollo", dont le contrôle lui échappe de plus en plus.

1955 : écrit "Spéculation et Beaux-Art", "La Nature ou Rien", "Commerce du Génie ".

1956 : écrit "Beauté, Laideur, Malheur", "Figuratifs déformants "(publié dans la tribune libre de l'Amateur d'Art).

1957: mort de Sacha Guitry.

- écrit "Le Non-figuratisme est anti-plastique ", pour la tribune libre de l'Amateur d'Art.

1959: début, dans le parc des Bonshommes en forêt de l'Isle-Adam, d'une série de paysages qui s'étendra sur une dizaine d'années.

1960: acquisition par l'Etat de "Roses rouges dans un vase de Gien bleu et blanc".

1963-1973: expose régulièrement à la galerie des Capucines, boulevard des Capucines.

1972 : Il annonce son exposition à la galerie des Capucines : "cinquante ans de Peinture", comme "une forme de manifestation contre l'abstrait en ce sens que je vois l'art de la peinture tel qu'on l'a toujours vu et qu'on ne trouvera ici aucune innovation par rapport au passé." Il ajoute : "L'abstrait n'est pas de l'art et ne saurait se donner pour tel."

1974 : Ecrit une série d'article pour l'hebdomadaire Rivarol : "Le faussaire génial n'existe pas", "Ossian ou la supercherie de Macpherson", "David, peintre de la Révolution et de l'Empire", "La véritable histoire du Douanier Rousseau", "Ingres, Napoléon III et les Impressionnistes", "Clémenceau, Claude Monet et Cézanne", "Impressionnistes ou grands peintres?" S'étant vu refuser un article sur L'Hôtel Drouot ( "La légende de l'Hôtel des Ventes") pour des motifs peu convaincants à son goût, il cessa toute collaboration avec cet hebdomadaire.

1976 : il écrit à son fils : "J'avais espéré que dans le métier d'art que je fais, je rencontrerais quelque véritable amateur d'art : j'ai renoncé à cette idée car je n'ai trouvé que des spéculateurs ou des gens soucieux d'entretenir des portraits de famille par vanité."

    

      Léon Gard dans son atelier de la rue des Bourdonnais, en février 1975

        ( photo Michel Duvernay)

1979: peint son dernier tableau, " Géranium rouge".

                        

- le 12 novembre, mort à Paris de Léon Gard dans son studio du quai des Grands Augustins.

(Cliquez sur les liens en bleu pour accéder aux articles de Léon Gard)

                                   

© 2008